Le silence
dépourvu d'interprétation
Dans combien de
langues peut-on rester silencieux?
Est-ce
nécessaire d'intérpreter le silence? Est- ce
que le silence
est déterminé par le contexte de
l'articulation /
et du parler potentiel existant
toujours comme
suspendu dans l'air/. Ce qui précède et
transcende la
langue c'est le silence. Le silence n'a
pas de contexte,
il est dans le son.
Le silence
dépourvu d' interprétation et la division
des langues.
La division des
langues implique une séparation de
territoires, de
terres; territoires d'insertion, d'
existence, de
survie, préservation, différenciation,
unification et
identification. La langue étrangère
signale un
territoire étranger; crée un contexte autre
que le tien,
celui dans lequel tu localises ta propre
conscience, celle
de ta langue maternelle.
Etre sur un
territoire étranger maintient l'attention
en éveil.
La présence non préméditée fait naître le
chaos, que seuls
ton propre ordre et monde puissent
admettre. La
présence silencieuse ou l'absence en
silence, et par
quoi différent nos silences?
La langue est un
ordre qui s'insère dans le silence
/l'absence/ et
crée le silence.
Je suis
tenté de d'intérpreter le silence, poussé par
la vanité
de ne pas confondre silence et garder le
silence. Je dois
parler pour justifier mon silence.
Pourquoi?
Pourquoi je dois
parler du fait de garder le silence
et de l'envie de
me taire.
Si on parle, on
s'exprime dans une langue qui n'est
pas la notre,
avec tout le désir d'être compris et
aimés par
nos frères aînés - ce sont les règles du
jeu; le jeu
nommé art contemporain. Ou bien si on
trouve la force
de se taire, comment le faire d'une
façon bien
éloquente, pour qu'on considère notre
silence comme un
refus de parler et non pas comme une
ignorance de la
langue, une leçon non apprise, que
c'est une
position. C'est difficile...
Comment
interpréter le silence quand il contient en
soi le refus de
communiquer. Pourquoi alors chercher à
interpréter
le silence? Parce que le silence est aussi
une
réaction, une réaction qui comprend l' impuissance
et le non-sens de
toute expression, même celle
destinée
à relier les langues; ré-action a une action
antérieure.
Il est évident que pour que le silence
devienne un
silence, afin d'être reconnu comme action
il doit
être proclamé comme tel.
Le silence est
une présentation, il pré-sente,
pré-cède
et distend, préserve et conserve ce que les
mots peuvent
abîmer, user, briser, détruire ; coussin
d'air qui absorbe
les coups des paroles /des silences
d'origine
prélogique, certains actuellement reconnus
comme
amour/haine, il n'en est pas question ici/.
Le silence ne
peut être reconnu que par et dans la
langue pour
cesser d'être qu' une action de se
taire...
Existe-t-il un
silence sans public, sans présence,
sans l' autre
même fictif; le silence comme réaction
ou comme absence
de réaction, ou l'absence de réaction
comme
réaction. Si le silence est présent, c'est
qu'une question a
été déjà posée....
.
V. zankov